Il y avait une quantité de jouets dans la chambre d’enfants. Tout en haut de l’armoire trônait la tirelire sous la forme d’un cochon en terre cuite; il avait naturellement une fente dans le dos, et cette fente avait été élargie à l’aide d’un couteau pour pouvoir y glisser aussi de grosses pièces. On en avait déjà glissé deux dedans, en plus de nombreuses menues monnaies. Lire la suite
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LA VIEILLE MAISON
Au beau milieu de la rue se trouvait une antique maison, elle avait plus de trois cents ans: c’est là ce qu’on pouvait lire sur la grande poutre, où au milieu de tulipes et de guirlandes de houblon était gravée l’année de la construction. Et on y lisait encore des versets tirés de la Bible et des bons auteurs profanes; au-dessus de chaque fenêtre étaient sculptées des figures qui faisaient toute espèce de grimaces. Chacun des étages avançait sur celui d’en dessous; le long du toit courait une gouttière, ornée de gros dragons, dont la gueule devait cracher l’eau des pluies; mais elle sortait aujourd’hui par le ventre de la bête; par suite des ans, il s’était fait des trous dans la gouttière. Lire la suite
LE VIEUX REVERBERE
Il était une fois un honnête vieux réverbère qui avait rendu de bons et loyaux services pendant de longues, longues années, et on s’apprêtait à le remplacer. C’était le dernier soir qu’il était sur son poteau et éclairait la rue; il se sentit un peu comme un vieux figurant de ballet qui danse pour la dernière fois et sait que dès le lendemain il sera mis au rancart. Le réverbère redoutait terriblement ce lendemain. Il savait qu’on l’amènerait à la mairie où trente-six sages de la ville l’examineraient pour décider s’il était encore bon pour le service ou pas. C’est là qu’on déciderait s’il devait éclairer un pont ou une usine à la campagne. Il se pouvait aussi qu’on l’envoyât directement dans une fonderie pour l’y faire fondre et dans ce cas il pouvait devenir vraiment n’importe quoi d’autre. Lire la suite
LE VILAIN PETIT CANARD
Comme il faisait bon dans la campagne! C’était l’été. Les blés étaient dorés, l’avoine verte, les foins coupés embaumaient, ramassés en tas dans les prairies, et une cigogne marchait sur ses jambes rouges, si fines et si longues et claquait du bec en égyptien (sa mère lui avait appris cette langue-là).
Au-delà, des champs et des prairies s’étendaient, puis la forêt aux grands arbres, aux lacs profonds. Lire la suite