Un jour, un homme était assis devant sa porte avec sa femme ; ils avaient devant eux un poulet rôti dont ils s’apprêtaient à se régaler. L’homme vit venir de loin son vieux père; aussitôt il se hâta de cacher son plat pour n’avoir pas à en donner au vieillard. Celui-ci but seulement un coup et s’en retourna. Lire la suite
Archives pour la catégorie Genres
LE PÊCHEUR ET SA FEMME
Il y avait une fois un pêcheur et sa femme, qui habitaient ensemble une cahute1 au bord de la mer, le pêcheur allait tous les jours jeter son hameçon, et il le jetait et le jetait encore.
Un jour il était assis près de sa ligne, sur le rivage, le regard tourné du côté de l’eau limpide, et il restait assis, toujours assis; tout à coup il vit l’hameçon plonger et descendre profondément, et quand il le retira, il tenait au bout une grosse barbue. La barbue lui dit: « Je te prie de me laisser vivre ; je ne suis pas une vraie barbue, je suis un prince enchanté. A quoi te servirait de me faire mourir? Je ne serais pas pour toi un grand régal ; rejette-moi dans l’eau et laisse-moi nager. Lire la suite
LES DEUX COMPAGNONS EN TOURNÉE
Les montagnes ne se rencontrent pas, mais les hommes se rencontrent, et souvent les bons avec les mauvais. Un cordonnier et un tailleur se trouvèrent sur la même route en faisant leur tour de pays. Le tailleur était un joli petit homme toujours gai et de bonne humeur. Il vit venir de son côté le cordonnier, et, reconnaissant son métier au paquet qu’il portait, il se mita chanter une petite chanson moqueuse :
Perce un point subtil ;
Tire fort ton fil,
Poisse-le bien dans sa longueur,
Chasse tes clous avec vigueur.
Mais le cordonnier, qui n’entendait pas la plaisanterie, prit un air comme s’il avait bu du vinaigre; on aurait cru qu’il allait sauter à la gorge du tailleur. Heureusement le petit bonhomme lui dit en riant et en lui présentant sa gourde : « Allons, c’était pour rire ; bois un coup et ravale ta bile. » Lire la suite
LE FIDÈLE JEAN
Il était une fois un vieux roi qui tomba malade. Sentant qu’il allait mourir, il fit appeler le fidèle Jean : c’était son plus cher serviteur, et on le nommait ainsi parce que toute sa vie il avait été fidèle à son maître. Quand il fut venu, le roi lui dit : « Mon fidèle Jean, je sens que ma fin s’approche, je n’ai de souci qu’en songeant à mon fils; il est encore bien jeune; il ne saura pas toujours se diriger; je ne mourrai tranquille que si tu me promets de veiller sur lui, de l’instruire de tout ce qu’il doit savoir, et d’être pour lui un second père. Lire la suite