Archives pour la catégorie Genres

LE PARDON

Elle avait été élevée dans une de ces familles qui vivent enfermées en elles-mêmes, et qui semblent toujours loin de tout. Elles ignorent les événements politiques, bien qu’on en cause à table; mais les changements de gouvernement se passent si loin, si loin, qu’on parle de cela comme d’un fait historique, comme de la mort de Louis XVI ou du débarquement de Napoléon. Lire la suite

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LA REINE HORTENSE

On l’appelait, dans Argenteuil, la reine Hortense. Personne ne sut jamais pourquoi. Peut-être parce qu’elle parlait ferme comme un officier qui commande? Peut-être parce qu’elle était grande, osseuse, impérieuse? Peut-être parce qu’elle gouvernait un peuple de bêtes domestiques, poules, chiens, chats, serins et perruches, de ces bêtes chères aux vieilles filles? Mais elle n’avait pour ces animaux familiers ni gâteries, ni mots mignards, ni ces puériles tendresses qui semblent couler des lèvres des femmes sur le poil velouté du chat qui ronronne. Elle gouvernait ses bêtes avec autorité; elle régnait. Lire la suite

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CONTE DE NOËL

Le docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix: «Un souvenir de Noël?… Un souvenir de Noël?…»

Et tout à coup, il s’écria:

–Mais si, j’en ai un, et un bien étrange encore; c’est une histoire fantastique. J’ai vu un miracle! Oui, Mesdames, un miracle, la nuit de Noël.

Cela vous étonne de m’entendre parler ainsi, moi qui ne crois guère à rien. Et pourtant, j’ai vu un miracle! Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu. Lire la suite

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L’ENFANT

Après avoir longtemps juré qu’il ne se marierait jamais, Jacques Bourdillère avait soudain changé d’avis.

Cela était arrivé brusquement, un été, aux bains de mer.

Un matin, comme il était étendu sur le sable, tout occupé à regarder les femmes sortir de l’eau, un petit pied l’avait frappé par sa gentillesse et sa mignardise. Ayant levé les yeux plus haut, toute la personne le séduisit. De toute cette personne, il ne voyait d’ailleurs que les chevilles et la tête émergeant d’un peignoir de flanelle blanche, clos avec soin. On le disait sensuel et viveur. C’est donc par la seule grâce de la forme qu’il fut capté d’abord: puis il fut retenu par le charme d’un doux esprit de jeune fille, simple et bon, frais comme les joues et les lèvres. Lire la suite

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