—Ah! mon cher, quelles rosses, les femmes!
—Pourquoi dis-tu ça?
—C’est qu’elles m’ont joué un tour abominable.
—A toi?
—Oui, à moi.
—Les femmes, ou une femme? Lire la suite
FABELLIANouvelles, contes, fables, poèmes, petits récits |
—Ah! mon cher, quelles rosses, les femmes!
—Pourquoi dis-tu ça?
—C’est qu’elles m’ont joué un tour abominable.
—A toi?
—Oui, à moi.
—Les femmes, ou une femme? Lire la suite
Le Kléber avait stoppé, et je regardais de mes yeux ravis l’admirable golfe de Bougie qui s’ouvrait devant nous. Les forêts kabyles couvraient les hautes montagnes; les sables jaunes, au loin, faisaient, à la mer une rive de poudre d’or, et le soleil tombait en torrents de feu sur les maisons blanches de la petite ville.
La brise chaude, la brise d’Afrique, apportait à mon coeur joyeux, l’odeur du désert, l’odeur du grand continent mystérieux où l’homme du Nord ne pénètre guère. Depuis trois mois, j’errai sur le bord de ce monde profond et inconnu, sur le rivage de cette terre fantastique de l’autruche, du chameau, de la gazelle, de l’hippopotame, du gorille, de l’éléphant et du nègre. J’avais vu l’arabe galoper dans le vent, comme un drapeau qui flotte et vole et passe, j’avais couché sous la tente brune, dans la demeure vagabonde de ces oiseaux blancs du désert. J’étais ivre de lumière, de fantaisie et d’espace. Lire la suite
Maître Lecacheur apparut sur la porte de sa maison, à l’heure ordinaire, entre cinq heures et cinq heures un quart du matin, pour surveiller ses gens qui se mettaient au travail.
Rouge, mal éveillé, l’oeil droit ouvert, l’oeil gauche presque fermé, il boutonnait avec peine ses bretelles sur son gros ventre, tout en surveillant, d’un regard entendu et circulaire, tous les coins connus de sa ferme. Le soleil coulait ses rayons obliques à travers les hêtres du fossé et les pommiers ronds de la cour, faisait chanter les coqs sur le fumier et roucouler les pigeons sur le toit. La senteur de l’étable s’envolait par la porte ouverte et se mêlait, dans l’air frais du matin, à l’odeur âcre de l’écurie où hennissaient les chevaux, la tête tournée vers la lumière. Lire la suite
Le cimetière plein d’officiers avait l’air d’un champ fleuri. Les képis et les culottes rouges, les galons et les boutons d’or, les sabres, les aiguillettes de l’état-major, les brandebourgs des chasseurs et des hussards passaient au milieu des tombes dont les croix blanches ou noires ouvraient leurs bras lamentables, leurs bras de fer, de marbre ou de bois sur le peuple disparu des morts.
On venait d’enterrer la femme du colonel de Limousin. Elle s’était noyée deux jours auparavant, en prenant un bain. Lire la suite