Archives pour la catégorie Genres

LE CONVIVE DES DERNIERES FETES

À Madame Nina de Villard.

L’Inconnu, c’est la part du lion.

FRANCOIS ARAGO.

Le Commandeur de pierre peut venir souper avec nous; il peut nous tendre la main! Nous la prendrons encore. Peut-être sera-ce lui qui aura froid.

Un soir de carnaval de l’année 186…, C***, l’un de mes amis, et moi, par une circonstance absolument due aux hasards de l’ennui « ardent et vague », nous étions seuls, dans une avant-scène, au bal de l’Opéra.

Depuis quelques instants nous admirions, à travers la poussière, la mosaïque tumultueuse des masques hurlant sous les lustres et s’agitant sous l’archet sabbatique de Strauss. Lire la suite

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VIRGINIE ET PAUL

À Mademoiselle Augusta Holmès.

Per amica silentia lunae.

VIRGILE.

C’est la grille des vieux jardins du pensionnat.

Dix heures sonnent dans le lointain. Il fait une nuit d’avril, claire, bleue et profonde. Les étoiles semblent d’argent. Les vagues du vent, faibles, ont passé sur les jeunes roses; les feuillages bruissent, le jet d’eau retombe neigeux, au bout de cette grande allée d’acacias. Au milieu du grand silence, un rossignol, âme de la nuit, fait scintiller une pluie de notes magiques. Lire la suite

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DUKE OF PORTLAND

À Monsieur Henry La Luberne.

Gentlemen, you are welcome to Elsinore.

SHAKESPEARE.

Hamlet.

Attends-moi là : je ne manquerai pas, certes, de te rejoindre dans ce creux vallon.

L’EVEQUE HALL.

Sur la fin de ces dernières années, à son retour du Levant, Richard, duc de Portland, le jeune lord jadis célèbre dans toute l’Angleterre pour ses fêtes de nuit, ses victorieux pur-sang, sa science de boxeur, ses chasses au renard, ses châteaux, sa fabuleuse fortune, ses aventureux voyages et ses amours, – avait disparu brusquement. Lire la suite

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LA MACHINE A GLOIRE

S.G.D.G.

À Monsieur Stéphane Mallarmé.

Sic itur ad astra !…

Quels chuchotements de toutes parts !… Quelle animation, mêlée d’une sorte de contrainte, sur les visages! — De quoi s’agit-il ?

— Il s’agit… ah ! d’une nouvelle sans pareille dans les annales récentes de l’Humanité.

Il s’agit de la prodigieuse invention du baron Bottom, de l’ingénieur Bathybius Bottom !

La Postérité se signera devant ce nom (déjà illustre de l’autre côté des mers), comme au nom du docteur Grave et de quelques autres inventeurs, véritables apôtres de l’Utile. Qu’on juge si nous exagérons le tribut d’admiration, de stupeur et de gratitude qui lui est dû! Le rendement de sa machine, c’est la GLOIRE! Elle produit de la gloire comme un rosier des roses! L’appareil de l’éminent physicien fabrique la Gloire. Lire la suite

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