Archives pour la catégorie Genres

SENTIMENTALISME

À Monsieur Jean Marras.

Je m’estime peu quand je m’examine ; beaucoup, quand je me compare.

MONSIEUR-TOUT-LE-MONDE.

Par un soir de printemps, deux jeunes gens bien élevés, Lucienne Emery et le comte Maximilien de W***, étaient assis sous les grands arbres d’une avenue des Champs-Elysées.

Lucienne est cette belle jeune femme à jamais parée de toilettes noires, dont le visage est d’une pâleur de marbre et dont l’histoire est inconnue.

Maximilien, dont nous avons appris la fin tragique, était un poète d’un talent merveilleux. De plus, il était bien fait, et de manières accomplies. Ses yeux reflétaient la lumière intellectuelle, charmants, mais, comme des pierreries, un peu froids. Lire la suite

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

LE SECRET DE L’ANCIENNE MUSIQUE

À Monsieur Richard Wagner

C’était jour d’audition à l’Académie nationale de Musique.

La mise à l’étude d’un ouvrage dû à certain compositeur allemand (dont le nom, désormais oublié, nous échappe, heureusement!) venait d’être décidée en haut lieu; – et ce maître étranger, s’il fallait ajouter créance à divers memoranda publiés par la Revue des Deux Mondes, n’était rien moins que le fauteur d’une musique « nouvelle! ».

Les exécutants de l’Opéra ne se trouvaient donc rassemblés aujourd’hui que dans le but de tirer, comme on dit, la chose au clair, en déchiffrant la partition du présomptueux novateur. Lire la suite

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

IMPATIENCE DE LA FOULE

À Monsieur Victor Hugo.

Passant, va dire à Lacédémone que nous sommes ici, morts pour obéir à ses saintes lois.

SIMONIDES.

La grande porte de Sparte, au battant ramené contre la muraille comme un bouclier d’airain appuyé à la poitrine d’un guerrier, s’ouvrait devant le Taygète. La poudreuse pente du mont rougeoyait des feux froids d’un couchant aux premiers jours de l’hiver, et l’aride versant renvoyait aux remparts de la ville d’Héraklès l’image d’une hécatombe sacrifiée au fond d’un soir cruel. Lire la suite

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

A S’Y MÉPRENDRE

À Monsieur Henri de Bornier.

Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

C. BAUDELAIRE.

Par une grise matinée de novembre, je descendais les quais d’un pas hâtif. Une bruine froide mouillait l’atmosphère. De passants noirs, obombrés de parapluies difformes, s’entrecroisaient.

La Seine jaunie charriait ses bateaux marchands pareils à des hannetons démesurés. Sur les ponts, le vent cinglait brusquement les chapeaux, que leurs possesseurs disputaient à l’espace avec ces attitudes et ces contorsions dont le spectacle est toujours si pénible pour l’artiste.

Mes idées étaient pâles et brumeuses; la préoccupation d’un rendez-vous d’affaires, accepté depuis la veille, me harcelait l’imagination. L’heure me pressait: je résolus de m’abriter sous l’auvent d’un portail d’où il me serait plus commode de faire signe à quelque fiacre. Lire la suite

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)