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L’INTERSIGNE

À Monsieur l’abbé Victor de Villiers de l’Isle-Adam.

Attende, homo, quid fuisti ante ortum et quod eris usque ad occasum. Profecto fuit quod non eras. Postea, de vili materia factus, in utero matris de sanguine menstruali nutritus, tunica tua fuit pellis secundina. Deinde, in vilissimo panno involutus, progressus es ad nos, – sic indutus et ornatus! Et non memor es quae sit origo tua. Nibil est aliud homo quam sperma foetidum, saccus stercorum, cibus vermium. Scientia, sapientia, ratio, sine Deo sicut nubes transeunt.

Post hominem vermis; post vermem foetor et horror. Sic, in no hominem, vertitur omnis homo.

Cur carnem tuam adornas et impinguas quam, post paucos dies, vermes devoraturi sunt in sepulchro, animam, vero, tuam non adornas, – quae Deo et Angelis ejus praesentenda est in coelis! SAINT BERNARD (Méditations, t. II).

Bollandistes (Préparation au Jugement dernier).

Un soir d’hiver qu’entre gens de pensée nous prenions le thé, autour d’un bon feu, chez l’un de nos amis, le baron Xavier de la V*** (un pâle jeune homme que d’assez longues fatigues militaires, subies, très jeune encore, en Afrique, avaient rendu d’une débilité de tempérament et d’une sauvagerie de moeurs peu communes), la conversation tomba sur un sujet des plus sombres: il était question de la nature de ces coïncidences extraordinaires, stupéfiantes, mystérieuses, qui surviennent dans l’existence de quelques personnes. Lire la suite

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SOMBRE RÉCIT, CONTEUR PLUS SOMBRE

À Monsieur Coquelin cadet.

Ut declaratio fiat.

J’étais invité, ce soir-là, très officiellement, à faire partie d’un souper d’auteurs dramatiques, réunis pour fêter le succès d’un confrère. C’était chez B***, le restaurateur en vogue chez les gens de plume.

Le souper fut d’abord naturellement triste.

Toutefois, après avoir sablé quelques rasades de vieux Léoville, la conversation s’anima. D’autant mieux qu’elle roulait sur les duels incessants qui défrayaient un grand nombre de conversations parisiennes vers cette époque. Chacun se remémorait, avec la désinvolture obligée, d’avoir agité flamberge et cherchait à insinuer, négligemment, de vagues idées d’intimidation sous couleur de théories savantes et de clins d’yeux entendus au sujet de l’escrime et du tir. Le plus naïf, un peu gris, semblait s’absorber dans la combinaison d’un coup de croisé de seconde qu’il imitait, au-dessus de son assiette, avec sa fourchette et son couteau. Lire la suite

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LA REINE YSABEAU

À Monsieur le comte d’Osmoy.

Le Gardien du Palais-des-Livres dit: « La reine Nitocris, la Belle aux joues de roses, veuve de Papi Ier, de la 10e dynastie, pour venger le meurtre de son frère, invita les conjurés à venir souper avec elle dans une salle souterraine de son palais d’Aznac, puis, disparaissant de la salle, ELLE Y FIT ENTRER, SOUDAINEMENT, LES EAUX DU NIL. »

MANETHON.

Vers 1404 – (je ne remonte si haut que pour ne pas choquer mes contemporains) – Ysabeau, femme du roi Charles VI, régente de France, habitait, à Paris, l’ancien hôtel Montagu, sorte de palais plus connu sous le nom de l’hôtel Barbette. Lire la suite

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LES BRIGANDS

À Monsieur Henri Roujon.

Qu’est le Tiers Etat? Rien.

Que doit-il être? Tout.

SULLY, – puis SIEYES.

Pibrac, Nayrac, duo de sous-préfectures jumelles reliées par un chemin vicinal ouvert sous le régime des d’Orléans, chantonnaient, sous les cieux ravis, un parfait unisson de mœurs, d’affaires, de manières de voir. Lire la suite

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