Archives pour la catégorie Nouvelles

LE RETOUR

La mer fouette la côte de sa vague courte et monotone. De petits nuages blancs passent vite à travers le grand ciel bleu, emportés par le vent rapide, comme des oiseaux ; et le village, dans le pli du vallon qui descend vers l’océan, se chauffe au soleil.

Tout à l’entrée, la maison des Martin-Lévesque, seule, au bord de la route. C’est une petite demeure de pêcheur, aux murs d’argile, au toit de chaume empanaché d’iris bleus. Un jardin large comme un mouchoir, où poussent des oignons, quelques choux, du persil, du cerfeuil, se carre devant la porte. Une haie le clôt le long du chemin. Lire la suite

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YVETTE

I

 

En sortant du Café Riche, Jean de Servigny dit à Léon Saval :

— Si tu veux, nous irons à pied. Le temps est trop beau pour prendre un fiacre.

Et son ami répondit :

— Je ne demande pas mieux.

Jean reprit :

— Il est à peine onze heures, nous arriverons beaucoup avant minuit, allons donc doucement. Lire la suite

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CHÂLI

À Jean Béraud.

L’amiral de la Vallée, qui semblait assoupi dans son fauteuil, prononça de sa voix de vieille femme :

« J’ai eu, moi une petite aventure d’amour, très singulière, voulez-vous que je vous la dise? »

Et il parla, sans remuer, du fond de son large siège en gardant sur les lèvres ce sourire ridé qui ne le quittait jamais, ce sourire à la Voltaire qui le faisait passer pour un affreux sceptique.

I

J’avais trente alors, et j’étais lieutenant de vaisseau, quand on me chargea d’une mission astronomique dans l’Inde centrale. Le gouvernement anglais me donna tous les moyens nécessaires pour venir à bout de mon entreprise et je m’enfonçai bientôt avec une suite de quelques hommes dans ce pays étrange, surprenant, prodigieux. Lire la suite

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DÉCORÉ!

Des gens naissent avec un instinct prédominant, une vocation ou simplement un désir éveillé, dès qu’ils commencent à parler, à penser.

M. Sacrement, n’avait, depuis son enfance, qu’une idée en tête, être décoré. Tout jeune, il portait des croix de la Légion d’honneur en zinc comme d’autres enfants portent un képi et il donnait fièrement la main à sa mère, dans la rue, en bombant sa petite poitrine ornée du ruban rouge et de l’étoile de métal.

Après de pauvres études il échoua au baccalauréat, et, ne sachant que faire, il épousa une jolie fille, car il avait de la fortune.

Ils vécurent à Paris comme vivent des bourgeois riches, allant dans leur monde, sans se mêler au monde, fiers de la connaissance d’un député qui pouvait devenir ministre, et amis de deux chefs de division. Lire la suite

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