Archives pour la catégorie Nouvelles

LE RENDEZ-VOUS

    Son chapeau sur la tête, son manteau sur le dos, un voile noir sur le nez, un autre dans sa poche dont elle doublerait le premier quand elle serait montée dans le fiacre coupable, elle battait du bout de son ombrelle la pointe de sa bottine, et demeurait assise dans sa chambre, ne pouvant se décider à sortir pour aller à ce rendez-vous.
Combien de fois, pourtant, depuis deux ans, elle s’était habillée ainsi, pendant les heures de Bourse de son mari, un agent de change très mondain, pour rejoindre dans son logis de garçon le beau vicomte de Martelet, son amant ! Lire la suite

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UN PARRICIDE

    L’avocat avait plaidé la folie. Comment expliquer autrement ce crime étrange ?
On avait retrouvé un matin, dans les roseaux, près de Chatou, deux cadavres enlacés, la femme et l’homme, deux mondains connus, riches, plus tout jeunes, et mariés seulement de l’année précédente, la femme n’étant veuve que depuis trois ans.
On ne leur connaissait point d’ennemis, ils n’avaient pas été volés. Il semblait qu’on les eût jetés de la berge dans la rivière, après les avoir frappés, l’un après l’autre, avec une longue pointe de fer.
L’enquête ne faisait rien découvrir. Les mariniers interrogés ne savaient rien ; on allait abandonner l’affaire, quand un jeune menuisier d’un village voisin nommé Georges Louis, dit Le Bourgeois, vint se constituer prisonnier. Lire la suite

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DÉCOUVERTE

    Le bateau était couvert de monde. La traversée s’annonçant fort belle, les Havraises allaient faire un tour à Trouville.
On détacha les amarres; un dernier coup de sifflet annonça le départ, et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire, tandis qu’on entendait, le long de ses flancs, un bruit d’eau remuée.
Les roues tournèrent quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement; puis le capitaine, debout sur sa passerelle, ayant crié par le porte-voix qui descend dans les profondeurs de la machine : « En route! » elles se mirent à battre la mer avec rapidité.
Nous filions le long de la jetée, couverte de monde. Des gens sur le bateau agitaient leurs mouchoirs, comme s’ils partaient pour l’Amérique, et les amis restés à terre répondaient de la même façon. Lire la suite

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L’ÉPAVE

C’était hier, 31 décembre.
Je venais de déjeuner avec mon vieil ami Georges Garin. Le domestique lui apporta une lettre couverte de cachets et de timbres étrangers.
Georges me dit :
— Tu permets?
— Certainement.
Et il se mit à lire huit pages d’une grande écriture anglaise, croisée dans tous les sens. Il les lisait lentement, avec une attention sérieuse, avec cet intérêt qu’on met aux choses qui vous touchent le cœur. Lire la suite

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