Archives pour la catégorie Nouvelles

AU BOIS

Le maire allait se mettre à table pour déjeuner quand on le prévint que le garde champêtre l’attendait à la mairie avec deux prisonniers.
Il s’y rendit aussitôt, et il aperçut en effet son garde champêtre, le père Hochedur, debout et surveillant d’un air sévère un couple de bourgeois mûrs.
L’homme, un gros père, à nez rouge et à cheveux blancs, semblait accablé ; tandis que la femme, une petite mère endimanchée, très ronde, très grasse, aux joues luisantes, regardait d’un œil de défi l’agent de l’autorité qui les avait captivés.
Le maire demanda :
— Qu’est-ce que c’est, père Hochedur? Lire la suite

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LES ROIS

    — Ah! dit le capitaine comte de Garens, je crois bien que je me le rappelle, ce souper des Rois, pendant la guerre!
J’étais alors maréchal des logis de hussards, et depuis quinze jours rôdant en éclaireur en face d’une avant-garde allemande. La veille, nous avions sabré quelques uhlans el perdu trois hommes, dont ce pauvre petit Raudeville. Vous vous rappelez bien, Joseph de Raudeville.
Or, ce jour-la, mon capitaine m’ordonna de prendre dix cavaliers et d’aller occuper et de garder toute la nuit le village de Porterin, où l’on s’était battu cinq fois en trois semaines. Il ne restait pas vingt maisons debout ni douze habitants dans ce guêpier. Lire la suite

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LE DIABLE

    Le paysan restait debout en face du médecin, devant le lit de la mourante. La vieille, calme, résignée, lucide, regardait les deux hommes et les écoutait causer. Elle allait mourir; elle ne se révoltait pas, son temps était fini, elle avait quatre-vingt-douze ans.
Par la fenêtre et la porte ouvertes, le soleil de juillet entrait à flots, jetait sa flamme chaude sur le sol de terre brune, onduleux et battu par les sabots de quatre générations de rustres. Les odeurs des champs venaient aussi, poussées par la brise cuisante, odeurs des herbes, des blés, des feuilles, brûlés sous la chaleur de midi. Les sauterelles s’égosillaient, emplissaient la campagne d’un crépitement clair, pareil au bruit des criquets de bois qu’on vend aux enfants dans les foires. Le médecin, élevant la voix, disait :
— Honoré, vous ne pouvez pas laisser votre mère toute seule dans cet état-là. Elle passera d’un moment à l’autre! Lire la suite

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LE SIGNE

    La petite marquise de Rennedon dormait encore, dans sa chambre close et parfumée, dans son grand lit doux et bas, dans ses draps de batiste légère, fine comme une dentelle, caressants comme un baiser; elle dormait seule, tranquille, de l’heureux et profond sommeil des divorcées.
Des voix la réveillèrent qui parlaient vivement dans le petit salon bleu. Elle reconnut son amie chère, la petite baronne de Grangerie, se disputant pour entrer avec la femme de chambre qui défendait la porte de sa maîtresse.
Alors la petite marquise se leva, tira les verrous, tourna la serrure, souleva la portière et montra sa tête, rien que sa tête blonde, cachée sous un nuage de cheveux.
— Qu’est-ce que tu as, dit-elle, à venir si tôt? Il n’est pas encore neuf heures.
La petite baronne, très pâle, nerveuse, fiévreuse, répondit :
— Il faut que je te parle. Il m’arrive une chose horrible. Lire la suite

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