MARYELLE
Source : Contes cruels. 1883.
À Madame la baronne de la Salle.
Avance tes lèvres, dit-elle, mes baisers ont le goût d'un fruit qui se
fondrait dans ton cœur.
GUSTAVE FLAUBERT.
La Tentation de saint Antoine.
Sa disparition de Mabille, ses allures nouvelles, la discrète élégance de ses
toilettes sombres, ses airs, enfin, de noli me tangere, joints à de certaines
réticences qu'employaient désormais ses favorisés en parlant d'elle, tout cela
m'intriguait un peu les esprits au sujet de cette séduisante fille, célèbre,
jadis, dans ces soupers où son fin et joli babil galvanisait jusqu'aux princes
les plus moroses de la Gomme - et que je désire appeler Maryelle.
Tout semblant de pudeur n'étant, parfois, pour les femmes ultra-galantes
qu'une dernière dépravation, je résolus, étant désœuvré, d'approfondir l'énigme.
Oui, par un légitime ennui, par une de ces frivolités dont tout philosophe
est capable à ses heures (et qu'il ne faut point se hâter de blâmer outre
mesure), je formai le dessein de rechercher, dès que s'en offrirait l'occasion,
jusqu'à quel degré de l'épiderme cette couche de vernis pudique avait pénétré
chez elle, ne doutant pas que les premières égratignures d'une conversation
savamment épicée n'en fissent sauter, pour le moins, quelques écailles.
Hier, avenue de l'Opéra, je rencontrai la mystérieuse enfant, toute moulée de
faille noire, une rose rouge-sang à la ceinture, un gainsborough sur son ovale
et fin visage.
Maryelle compte aujourd'hui vingt-cinq automnes; elle n'est qu'un peu pâlie,
toujours svelte, excitante, avec sa beauté de tubéreuse, pimentée d'une
distinction de vicomtesse de théâtre, et son je ne sais quel charme dans les
yeux.
Entre deux banalités de circonstance et la trouvant moins cérémonieuse que je
ne m'y attendais, je l'invitai, sans autres façons, à venir dîner au Bois, seule
à seul, dans un moulin de couleur quelconque, histoire de s'ennuyer de concert,
- les premiers soirs de notre énervant septembre devant aider, pensai-je, à ses
expansives confidences.
Elle déclina d'abord, puis, comme séduite par mon insouciant ton de réserve,
elle accepta. Cinq heures sonnaient. Nous partîmes.
La promenade, sous les branchages de l'une, des plus désertes allées du Bois,
fut silencieuse. Maryelle avait baissé son voile, craignant soit d'être vue,
soit de me causer quelque gêne. La voiture, d'après son désir, allait au pas. Je
ne remarquai rien d'autrement surprenant dans la tenue de notre énigmatique
amie, sinon, toutefois, l'attention inusitée dont elle honora le coucher du
soleil.
Le dîner fut maintenu sur un diapason tellement officiel, que, transporté en
un repas de famille bourgeoise le jour de la fête du grand-père, il n'y eût
choqué personne. Nous parlâmes, je m'en souviens, du... prochain Salon! Elle
était au fait, semblait s'intéresser. Bref, nous étions absurdes à plaisir:
c'est si amusant de jouer au gandin! Je préfère cela aux cartes.
Pour diversifier et l'attirer vers de plus riants domaines de l'Esprit, je me
mis à lui détailler, au dessert, l'aventure de ce hobereau vindicatif, lequel
ayant surpris - (qui? je vous le donne en mille?) - sa femme, figurez-vous! en
conversation légère, blessa, mortellement, le préféré: - puis, pendant que
celui-ci rendait l'âme, et comme la jeune éplorée se penchait, en grand
désespoir, sur l'agonisant, imagina (raffinement extrême!) de chatouiller dans
l'ombre les pieds de l'épouse infidèle, afin de la forcer d'éclater d'un fou
rire au nez expirant de l'élu de son cœur.
Cette anecdote, assaisonnée d'incidentes, ayant induit Maryelle à sourire, la
glace fut rompue, - et nous commençâmes à nous distraire davantage.
Lorsqu'on nous eut apporté les candélabres, l'éternel café, les boîtes
odorantes de la Havane et les cigarettes russes, comme les fenêtres de notre
retrait donnaient sur de grands arbres, je lui dis, en lui montrant le croissant
qui faisait étinceler les dernières feuilles d'or bruni:
- Ma chère Maryelle, te rappelles-tu, vaguement, l'automne dernier?
Elle eut un mouvement de tête un peu mélancolique:
- Bah! répondit-elle. L'hiver suivant, les jolies fleurs de ces deux soirs
dont tu parles sont mortes sous la neige. Tiens, n'essayons pas de raviver un
bouquet de sensations fanées, - ce serait nous efforcer vers un nul plaisir. Le
caprice est envolé; c'est l'oiseau bleu! Laissons la cage ouverte, en souvenir,
veux-tu? Restons amis.
L'heure était charmante: Maryelle venait de dire une chose aussi sensée
qu'exquise; quoi de mieux possible, désormais, qu'une causerie?. Elle voyait
qu'en cet instant, du moins, j'avais plutôt souci du mot de son attitude
nouvelle que de ses chers abandons... Cependant je me crus obligé, par une
délicatesse, de prendre un air attristé quelque peu, - simple attention que tout
homme bien élevé doit toujours et quand même à une créature gracieuse. Elle me
devina, sans doute, et la sympathique alouette voulut bien se laisser prendre au
miroir. Nous nous tendîmes la main en souriant; - et ce fut fini.
Et voici qu'entre deux petites gorgées de menthe blanche, m'ayant élu pour
confident sous le fallacieux peut-être, mais le rassurant prétexte que je ne
suis pas "comme les autres" (ce qui était à dire, en réalité, pour causer, à
tout prix, de l'intime préoccupation qui l'étouffait), Maryelle me narra la
suivante histoire, - après m'avoir arraché cette promesse (que je tiens en ce
moment) d'en masquer l'héroïne (s'il m'arrivait d'en parler un jour), sous le
loup de velours d'un impénétrable et gracieux pseudonymat.
Voici l'histoire, sans commentaires. C'est seulement sa manière d'être banale
qui m'a semblé assez extraordinaire.
L'hiver dernier, au théâtre, Maryelle avait été l'objet, paraît-il, de
l'attention d'un très jeune spectateur absolument inconnu du tout Paris des rues
Blanche et Condorcet.
Oui, d'un enfant de dix-sept ou dix-huit ans, de mise élégante et simple, et
dont la jumelle s'était plusieurs fois levée vers sa loge.
Lorsque la belle Maryelle est habillée en toilette montante, il faut vous
dire qu'un provincial pourra toujours la prendre pour quelque échappée d'un
salon de moderne préfète.
La dangereuse créature a cela pour elle, qu'elle n'est dénuée ni
d'orthographe ni d'un certain tact, grâce auquel elle devient selon les gens qui
lui parlent - et assez vite pour produire l'illusion. La romance une fois
commencée, elle ne détonne plus: qualité rare.
Elle s'était accompagnée, ce soir-là, d'une forte marchande à la toilette à
qui, dès le premier coup de lorgnette du "monsieur", elle intima, tout bas, la
plus rigoureuse tenue.
En sorte que, dès le second acte, Maryelle eût semblé, à des yeux même
sagaces, une rentière veuve et indifférente, flanquée d'une parente éloignée.
Le "monsieur" n'était donc autre que cet adolescent de dix-sept ans à peine:
de beaux yeux, un air crédule, l'innocence même. Un page. Or, l'aspect imposant
et piquant à la fois de la brillante: personne ayant ému, ce semble, outre
mesure, notre jeune homme, il erra dans les couloirs (sans oser, bien entendu);
et pour tout dire, à l'issue de la représentation, il suivit en voiture l'humble
fiacre de ces dames.
En fine mouche, Maryelle se réfugia, ce soir-là, chez sa marchande à la
toilette. Des ordres furent donnés pour "si l'on venait prendre des
renseignements". Bref, elle devint, en deux temps, l'honnête veuve, "de passage
à Paris", du militaire en retraite, âgé, décoré, auquel une famille intéressée
l'avait sacrifiée de bonne heure. Enfin, rien n'y manqua, pas même les deux ans
de veuvage, avec le portrait du défunt, qu'on se procurerait facilement et
d'occasion, s'il y avait lieu de s'en pourvoir. Il est de tradition que, même de
nos jours, cette fastidieuse rengaine ne manque jamais son effet sur les
imaginations jeunes encore. Maryelle s'en tint là, le mieux étant l'ennemi du
bien: plus tard, on aviserait.
La nuit ayant affolé les fiévreuses rêveries de son juvénile amoureux, tout
se passa comme, avec son flair de levrette, notre héroïne l'avait pressenti.
Le jeune provincial, une fois en possession du nom, nouvellement choisi, de
la dame, écrivit.
(Maryelle, en mettant un pouce léger sur la signature, me donna cette lettre
à lire.) S'il faut l'avouer, je fus surpris de l'accent sincère de cette épître:
elle émanait, à coup sûr, d'un trop candide, mais très noble garçon. C'était
fou! mais c'était exquis! Ah! le charmant et bon petit être! Un respect, une
timidité irrésistibles! - Il donnait son premier amour, cet enfant-là, prenant
cette fille bizarre pour la plus réservée des femmes! J'en fus attristé moi-même
en songeant au dénouement inévitable.
- Il s'appelle, de son petit nom, Raoul, me dit-elle; il appartient à une
excellente famille de la province: ses parents, "des magistrats bien
honorables", lui laisseront de l'aisance. Il vient à Paris trois fois par mois,
en s'échappant! Cela dure depuis six semaines.
Maryelle, allumant une cigarette, continua son histoire, comme se parlant à
elle-même.
Ayant des côtés abordables, la belle repentie n'était point demeurée
insensible à cette passion, si "gentiment" exprimée. Après deux autres "petites
lettres d'attendrissement", un voile se déchira pour elle; son "âme" entrevit
l'existence sous un jour inconnu. Une Marion Delorme s'éveilla dans ce corps
jusque-là plongé en des limbes d'inconscience.
Bref, un rendez-vous fut accordé.
L'enfant, paraît-il, fut inouï, fou de joie, ignorant, ingénu jusqu'au
délire. Et, se sentant pour la première - et dernière fois, sans doute, - aimée
noblement, voilà que cette charmante insensée de Maryelle s'"emballa" elle-même
et que l'idylle commença.
Elle en devint folle!
Oh! rien ne manque au roman! Ni le secret à chaque voyage de Raoul, ni la
petite maison louée dans un faubourg tranquille, avec des fleurs sur le balcon
et donnant sur un pâle jardin. Là, seulement, ressuscitée des "autres", elle
palpite de toutes les chastetés, de tous les abandons, de tous les bonheurs
"ignorés si longtemps!" (Et, en parlant, des larmes brillaient entre les cils de
la sentimentale fille.)
Raoul est un Roméo qui ne saura peut-être jamais le fin mot de sa Juliette,
car elle compte disparaître un jour. Plus tard.
L'autre femme qui était en elle est morte, à l'entendre; - ou, plutôt, n'a,
pour elle, jamais existé. - Les femmes ont de ces puissances d'oubli momentané;
elles disent à leurs souvenirs: "Vous repasserez demain", et ils obéissent.
Mais, au fond, tout ce qu'affirment les femmes de mœurs un peu libres est-il
digne d'autant d'attention que le bruit du vent qui chante dans les feuilles
jusqu'à l'hiver?
Cependant, ses économies se sont dissipées à meubler, d'une façon délicate et
modeste, la demeure en question. Raoul n'est encore ni majeur, ni en possession
d'une fortune quelconque. D'ailleurs, fût-il riche, il semblerait impossible à
Maryelle d'accepter de lui le moindre service d'argent; elle a peur de l'argent
auprès de cet enfant-là. L'argent, cela lui rappellerait les "autres". Lui en
parler? jamais. - Elle aimerait mieux mourir. Positivement. - Elle se trouve
justifiée, par son amour, de l'inconvenance assez déplacée, de l'indélicatesse
même, qu'elle commet, en ceci, vis-à-vis de ce très innocent garçon.
Lui, la croyant à l'aise, comme une femme de son monde, n'y songe, non plus,
en rien; il consacre tous ses petits louis à lui acheter soit des fleurs, soit
de jolies choses d'art qu'il peut trouver, voilà tout. Et c'est, en effet, tout
naturel.
Entre eux donc, c'est le ciel! c'est l'estime naïve et pure! c'est le tout
simple amour, avec ses ingénues tendresses, ses extases, ses ravissements
éperdus!
Daphnis et Chloé, balbutiant: voilà leur pendant exact.
A ce point du récit, Maryelle fit une pause, puis, levant vers les nuages
lointains, au-delà de la croisée ouverte aux étoiles, des yeux d'une expression
virginale:
- Oui, acheva-t-elle, je lui suis fidèle! Et rien, rien! je le sens, ne me
ferait cesser de l'être! OUI, JE ME TUERAIS PLUTOT! - murmura-t-elle avec une
énergie froide, et en rougissant de pudeur à la seule idée d'une infidélité
imaginaire.
- Hein?... lui répondis-je en relevant la tête et légèrement stupéfait de cet
aveu, - tiens, - mais... Georges, cependant, mais Gaston d'Al?... mais ce bel
Aurelio? mais Francis X***? Il me semblait que... hein?
Maryelle éclata d'un frais rire aux notes d'or et de cristal.
- D'aimables blagueurs! s'écria-t-elle tout à coup, sans transition. Ah! les
importuns obligés, - sombre fête, alors! - Eux? Ah, bien!... Certes!...
(Et elle haussa dédaigneusement les épaules.)
- Est-ce de ma faute s'il faut bien vivre? ajouta-t-elle.
- J'entends: tu lui demeures fidèle... en pensée?
- En pensée comme en sensations! s'écria de nouveau Maryelle, avec un
mouvement d'hermine révoltée.
Il y eut un silence.
- Mon cher, continua-t-elle avec un de ces étranges regards féminins où des
esprits seuls peuvent lire, si l'on savait jusqu'à quel point mon histoire, en
ceci du moins, devient celle de toutes les femmes! - Il est si facile de ne
point profaner le trésor de joies qui n'appartient qu'à l'amour, à ce sentiment
divin que cet enfant et moi nous partageons!... Le reste? - Est-ce que cela nous
regarde? - Le cœur y est-il pour quelque chose? Le plaisir pour quelque chose?
L'ennui même pour quelque chose?... En vérité, mon cher poète, ce dont tu veux
parler est moins qu'un rêve et ne signifie rien.
Les femmes ont une façon de prononcer le mot rêve et le mot poète qui serait
à mourir de rire si on en avait le temps.
- Aussi, acheva-t-elle, ai-je le droit de dire que je suis incapable de le
tromper.
- Ah! çà, ma chère Maryelle, lui répondis-je en plaisantant, sans prétendre
que le convenu de bien des faveurs me soit inintelligible, quelle que soit ma
modestie, quelque désir que j'aie de ne caresser aucune chimère,
m'autoriserais-tu, voyons, à JURER que moi-même, enfin, je n'étreignis jamais
que ton fantôme?
A cette folle question, - suggérée, peut-être, par quelque sensible
contrariété, l'animation de son récit l'ayant rendue, vraiment, des plus
ragoûtantes, - elle s'accouda sur la table avec mélancolie: le bout de ses
doigts pâles et fins effleurait ses cheveux; elle regardait, entre ses cils,
brûler l'une des bougies du candélabre, - puis, avec un indéfinissable sourire:
- Très cher, me dit-elle après un assez profond silence, c'est gênant, ce que
tu me demandes; mais, vois-tu bien, nul n'est plus si prodigue de soi-même, de
nos jours. Et, entre autres, ni toi, ni moi. Les semblants de l'amour ne
sont-ils pas devenus, pour presque tous, préférables à l'amour même? Ne m'as-tu
pas, au fond, donné l'exemple du méchant sacrilège... que tu voudrais me
reprocher? Entre nous, ne serais-tu pas embarrassé quelque peu si je t'eusse
aimé?... Prends-tu, sérieusement, le charme, convenu en effet, d'un instant -
peut-être bien solitaire, bien peu partagé peut-être - pour la fusible et
dévorante joie de l'Amour? - Quoi! tu ravirais, je suppose, un baiser sur les
lèvres d'une enfant endormie et, de ceci, tu la jugerais coupable d'infidélité
à... son fiancé, par exemple? Et, la rencontrant au jour, tu oserais t'imaginer,
sans rire, avoir été le rival de celui... Ah! je t'atteste que n'ayant pas même
ressenti le frôlement de ce baiser, elle serait dispensée, envers toi, même de
l'oubli. - Si indifférent que tu me puisses être en amour, tu peux bien croire,
sans grande fatuité, j'imagine, que j'ai su distinguer le plaisir qu'a dû me
causer ta simple personne, de celui que m'a causé, aussi, ce joli diamant glissé
à mon doigt - (ah! certes, avec une délicate et tout à fait simple apparence de
souvenir, je l'accorde!) - mais qui, parlons franc, t'acquittait envers une
pauvre fille, galante de son métier, comme ta très humble servante Maryelle.
Quant au surplus, à ce que je puis t'avoir accordé par enjouement ou par
indolence, c'est là l'illusion qu'il faut laisser à jamais envolée, - la
poussière brillante des ailes de ce papillon s'étant toujours effacée aux doigts
assez cruels qui tentèrent de le ressaisir.
"Mon cher, n'espère pas me persuader que tu n'as connu de l'amour que ces
vains abandons mélangés de tristes et nécessaires arrière-pensées. - Tu me
demandes si tu n'as jamais pressée dans tes bras que mon fantôme? conclut la
belle rieuse: eh bien, permets-moi de te répondre que ta question serait au
moins indiscrète et inconvenante (c'est le mot, sais-tu?) si elle n'était pas
absurde. Car - cela ne te regarde pas.
- Va vite retrouver ton Raoul, misérable! m'écriai-je, furieux. - A-t-on vu
l'impertinente? Je prétends me consoler en essayant d'écrire ta ridicule
histoire. Tu es d'une fidélité... à toute épreuve!
- N'oublie pas le pseudonyme! dit, en riant, Maryelle.
Elle mit son chapeau voilé, sa longue mante, se priva d m'embrasser, - par un
dernier sentiment des usages, et disparut.
Resté seul, je m'accoudai au balcon, regardant s'éloigner, sous les arbres de
l'allée, la voiture, qui emportait cette amoureuse vers son amour.
- Voilà, certes, une Lucrèce nouvelle! pensai-je.
L'herbe, toute lumineuse de l'ondée du soir, brillait sous la fenêtre: j'y
jetai, par contenance, mon cigare éteint.  
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