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 Villiers de L'Isle-Adam, Auguste (1838-1889)
L'ANNONCIATEUR (95 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur le marquis de Salisbury. Habal habalim, vêk'hôl habal! SCHELOMO. Qohéleth. Au faîte des tours tutélaires de la cité de Jébus veillent les guerriers de Juda, les yeux fixés sur les collines. Au pied des remparts s'étendent, intérieurement, les constructions asmonéennes, les grottes royales, les vignobles encombrés de ruches, les tertres de supplice, le faubourg des nécromans, les avenues montueuses conduisant à Ir-David. Il...


SOUVENIRS OCCULTES (2 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur Franc Lamy. Et il n'y a pas, dans toute la contrée, de château plus chargé de gloire et d'années que mon mélancolique manoir héréditaire. EDGAR POE. Je suis issu, me dit-il, moi, dernier Gaël, d'une famille de Celtes, durs comme nos rochers. J'appartiens à cette race de marins, fleur illustre d'Armor, souche de bizarres guerriers, dont les actions d'éclat figurent au nombre des joyaux de l'Histoire. L'un de ces devanciers,...


CONTE D'AMOUR (0 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

Et que Dieu ne te récompense jamais du bien que tu m'as fait! HENRI HEINE. L'Intermezzo. I EBLOUISSEMENT LA Nuit, sur le grand mystère, Entr'ouvre ses écrins bleus: Autant de fleurs sur la terre Que d'étoiles dans les cieux! On voit ses ombres dormantes S'éclairer, à tous moments, Autant par les fleurs charmantes Que par les astres charmants. Moi, ma nuit au sombre voile N'a, pour charme et pour clarté, Qu'une fleur et qu'une...


LE TRAITEMENT DU DOCTEUR TRISTAN (5 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur Jules de Brayer. Fili Domini, putasne vivent ossa ista? ISAIE. Hurrah! C'en est fait! En joie! For ever!!! Le Progrès nous emporte en son torrent. Lancés comme nous le sommes, tout temps d'arrêt serait un véritable suicide. Victoire! victoire! La vitesse de notre entraînement prend des proportions de brouillard tellement admirables que c'est à peine si nous avons le loisir de distinguer autre chose que l'extrémité de notre propre...


MARYELLE (6 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Madame la baronne de la Salle. Avance tes lèvres, dit-elle, mes baisers ont le goût d'un fruit qui se fondrait dans ton cœur. GUSTAVE FLAUBERT. La Tentation de saint Antoine. Sa disparition de Mabille, ses allures nouvelles, la discrète élégance de ses toilettes sombres, ses airs, enfin, de noli me tangere, joints à de certaines réticences qu'employaient désormais ses favorisés en parlant d'elle, tout cela m'intriguait un peu les esprits...


L'INCONNUE (3 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Madame la comtesse de Laclos Le cygne se tait toute sa vie pour bien chanter une seule fois. Proverbe ancien C'était l'enfant sacré qu'un beau vers fait pâlir. ADRIEN JUVIGNY. Ce soir-là, tout Paris resplendissait aux Italiens. On donnait la Norma. C'était la soirée d'adieu de Maria-Felicia Malibran. La salle entière, aux derniers accents de la prière de Bellini, Casta diva, s'était levée et rappelait la cantatrice dans un tumulte glorieux....


L'INTERSIGNE (160 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur l'abbé Victor de Villiers de l'Isle-Adam. Attende, homo, quid fuisti ante ortum et quod eris usque ad occasum. Profecto fuit quod non eras. Postea, de vili materia factus, in utero matris de sanguine menstruali nutritus, tunica tua fuit pellis secundina. Deinde, in vilissimo panno involutus, progressus es ad nos, - sic indutus et ornatus! Et non memor es quae sit origo tua. Nibil est aliud homo quam sperma foetidum, saccus...


SOMBRE RÉCIT, CONTEUR PLUS SOMBRE (4 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur Coquelin cadet. Ut declaratio fiat. J'étais invité, ce soir-là, très officiellement, à faire partie d'un souper d'auteurs dramatiques, réunis pour fêter le succès d'un confrère. C'était chez B***, le restaurateur en vogue chez les gens de plume. Le souper fut d'abord naturellement triste. Toutefois, après avoir sablé quelques rasades de vieux Léoville, la conversation s'anima. D'autant mieux qu'elle roulait sur les duels...


LA REINE YSABEAU     (0 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur le comte d'Osmoy. Le Gardien du Palais-des-Livres dit: "La reine Nitocris, la Belle aux joues de roses, veuve de Papi Ier, de la 10e dynastie, pour venger le meurtre de son frère, invita les conjurés à venir souper avec elle dans une salle souterraine de son palais d'Aznac, puis, disparaissant de la salle, ELLE Y FIT ENTRER, SOUDAINEMENT, LES EAUX DU NIL." MANETHON. Vers 1404 - (je ne remonte si haut que pour ne pas choquer mes...


LES BRIGANDS (97 Commentaire)
Source : Contes cruels. 1883.

À Monsieur Henri Roujon. Qu'est le Tiers Etat? Rien. Que doit-il être? Tout. SULLY, - puis SIEYES. Pibrac, Nayrac, duo de sous-préfectures jumelles reliées par un chemin vicinal ouvert sous le régime des d'Orléans, chantonnaient, sous les cieux ravis, un parfait unisson de mœurs, d'affaires, de manières de voir. Comme ailleurs, la municipalité s'y distinguait par des passions; - comme partout, la bourgeoisie s'y conciliait l'estime générale...


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